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mercredi 21 juillet 2010


CAR J'AI VU LE COTE OUEST DE LA FORCE.

En Californie, s'il vous plait, pendant une semaine de rêve à ne penser à rien d'autres que "Je veux voir d'autres faons et cerfs pour les prendre en photoooooos, allezzzzzz".

8 jours sans bruit à la fenêtre, si ce n'est le voisin étrange qui tronçonnait des trucs à la même heure, tous les matins.

Et puis l'océan Pacifique, avec une vue sur... rien, l'eau, l'infini, car le premier truc qu'un bateau pourrait tamponner est le Japon, et le Japon, c'est pas la pote à côté quand-même.

Une sensation de grandeur et de liberté donc, pas mal quand on est habitués à voir le soleil se coucher à 5h du soir car il part se cacher derrière les buildings d'acier de la Grosse Pomme.

Sans compter que tout le monde à San Francisco a un signe Peace and Love sur sa bagnole, dans sa bagnole, sur sa veste, ou d'autres endroits où ils pourraient le mettre (quelle bande de hippies). J'ai touché du doigt la vie de Jack Kerouac, et celle des premiers rêveurs des temps modernes (70's nostalgia).

Et puis j'y ai vu le plus beau pont du monde. Moi, fan de ponts, imaginez mon enthousiasme. J'ai crié la première fois que je l'ai aperçu, tout ça pour me rendre compte qu'en fait il fallait le traverser tous les jours pour aller de la ville à chez Jordan (le pont est donc devenu une habitude, et moi, lassée et critique comme une vraie Française, je n'y faisais plus attention - non là c'est pas vrai, j'ai 250 photos du pont, dont la moitié dans la voiture, avec des traces de doigts sur la vitre. Et je criais presque à chaque fois-).

Le retour à la réalité était dur, ressentir l'humidité de New York se poser sur ma peau dès que je suis sortie de l'aéroport, et l'impression d'avoir laissé quelque-chose en Californie.

On m'avait pourtant prévenue.

I LET MY HEART IN SAN FRANCISCO (la la la).
Je vous ai totalement abandonnés, mais je suis revenue.

Je vous écris d'un canapé qui n'est pas le miens dans un appart qui n'est pas le miens, et dans lequel pourtant j'habite.

J'ai quitté mon coloc dégueu aux douches monstrueuses et au sens social franchement limité, pour un appart grand et beau et propre tenu par des filles, avec une terrasse, et une baignoire naturellement blanche. Sauf que on est à New York ici, les enfants, ne l'oubliez pas. Les dates ne coordonnent jamais. Je pense que c'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle les gens se font des amis ici: pour pouvoir squatter dans leur appart en attendant d'avoir un foyer bien à eux.

Je suis donc sans adresse fixe et quand on me demande ou j'habite, je donne l'adresse de mon père à Paris.

Ce qui prête à confusion quand on remplit une demande d'emploi.

Ah ça, aussi, du neuf: j'ai trouvé un travail, parfait, bien payé, pas beaucoup d'heures, bonne ambiance.

Non, je rigole. Après 3 jours à trimer là-bas et avoir l'impression de mourir chaque matin quand je me rendais à Time Square pour 8h (violent, je vous le dis moi), j'ai démissionné, de la manière la moins courageuse du monde (un message vocal laissé a 5h du matin car je savais que personne ne répondrait à cette heure-ci).

Et puis, d'autres entretiens. Pour les Yankees, par exemple. Entretien que j'ai tellement raté qu'il pourrait faire un bon sketch dans le prochain film de Mr Pignon (répondre "no, why?" quand on me demande si j'aime les Yankees, alors que je suis censée bosser pour les Yankees, quelle idée, je vous le demande).

Enfin de toutes façons, rien n'avance tant que mon visa n'avance pas. J'attends toujours la réponse, et ça commence UN PEU a devenir insupportable.

Mais je ne vais pas vous embêter avec le côté ramassis de n'importe quoi de ma vie, car j'ai mieux...

Suite au prochain article (que je vais écrire maintenant tout de suite pour votre plus grand plaisir).

dimanche 27 juin 2010

Le temps est au n'importe quoi.

Le temps est à mater Taxi Driver à une heure du mat', tout en envoyant des CV, désespérés, à des entreprises méchantes et sans coeur qui ne vont même pas les lire.

Ou à prendre des douches en tongs (toujours) à 3h du mat', quand Taxi Driver est fini.

Ou à manger de la pizza froide et franchement douteuse sans doute plus vieille que Taxi Driver lui-même (1976?) qui traîne dans le frigo du coloc (il utilise ma vaisselle, j'utilise sa pizza, un point c'est tout).

Tout ça car ma vie n'a aucun sens. Aucun, aucun. Chercher un boulot alors que je ne sais même pas si j'ai le visa, préparer mon voyage pour San Francisco alors que je ne suis même pas sûre de passer l'immigration.

Tout ça, quoi.

SI je me mets à parler à mon miroir avec des flingues cachés dans tous mes vêtements, appelez 911.


Faites le code national, avant.

Cordialement.

jeudi 24 juin 2010

Etre française à New York, ça aide pour avoir des dates. "I'm from Paris" est très souvent suivi d'une réaction de type voyelle: "Ahhhh", ou "Ohhhh", avec un petit sourire de coin de bouche. Ils doivent penser au French Cancan, au French kiss, au cabaret, au Moulin Rouge.

Etre française à New-York c'est aussi devoir supporter le récit de leur voyage en Europe. Car ils sont déjà tous allés en France, même pour trois jours, même quand ils avaient 7 ans et qu'ils s'en souviennent pas. Et ils veulent absolument vous raconter.

MAIS, être Française à New-York, c'est aussi se marrer un bon coup. Car ils connaissent TOUS une phrase en Français.

Et cette phrase, ça n'est jamais la même. Et des fois, elle est carrément hasardeuse.

Voici donc mon top 5 des phrases Françaises dites par les Américains.

1/ Voulez-vous coucher avec moi? (entendue 100 fois. 10 fois innocemment, 90 fois pour draguer).
2/ J'adore la glace à la pistache.
3/ Je suis un ours. (prononcé: je suis un os)
4/ Combien pour le petit garçon?
5/ Tu veux caresser ma moustache?


Maintenant, tentons de trouver un lien, une raison, une explication à tout cela.

Ou pas. Je dois aller envoyer des CV, là.

mercredi 23 juin 2010



Oui, je sais, je suis au chômage, je devrai avoir du temps à revendre et venir écrire ici à chaque fois que j'inspire et expire.

Mais je suis complètement surbookée, à ne rien faire, dans les rues de Brooklyn. Entre concerts gratos, bières moitié prix (nouveau passe-temps: dire au barmen que je viens du même pays qu'eux. Et ça marche), et soleil de plomb, j'ai réussi à ne pas avoir une seconde sur mon ordi, et à devenir toute bronzée sans même aller à la plage (bon OK des fois pour aller nourrir les canards, mais juste parce que c'est trop drôle).

Et puis aussi, à rajouter à ca de nouveaux cauchemars qui agitent mes nuits.

Notamment celui, récurent, d'un amas de bactéries qui vient m'attaquer les orteils quand je me glisse sous mes draps.

La raison?

MA SALLE DE BAIN.

Avoir un coloc mâle, ça veut dire des tonnes de choses. Ca veut dire que si il n'y a plus de papier toilettes, il va attendre d'épuiser la réserve de mouchoirs et sopalins de son propre appart, celui de ses potes, et de son bar préféré (au coin d'la rue) pour se motiver à aller en acheter. Ca veut aussi dire qu'il n'y a pas d'aspirateur, ni de balais, et que le frigo est rempli de canettes de bières VIDES.

Mais là... J'ai pêché un monstre de négligence.

Si bien que je me douche en tongue. Et que je
REFUSE de toucher les bords de la baignoire, du rideau de douche, et de tout ce qui aura été susceptible d'avoir été en contact avec ces deux derniers éléments.

Etant résidente à moyen terme de cet appartement, je vais bien évidemment me résoudre à laver, que dis-je, rendre vie à ma salle de bain. Il m'aura fallu une semaine, 6 douches dans d'autres apparts, et une discussion avec un ami spécialisé dans la bactériologie pour mettre mon "non-mais-il-se-fout-de-ma-gueule-je-viens-d'emménager-je-ne-vais-pas-nettoyer-sa-saleté" de côté.

Aussi car j'ai peur de mourir. Je suis sûre que cette salle de bain est le nid de regroupement de toutes les maladies disparues ou presque de la planète.

Non mais attendez... Et si je faisais une culture et répandais Ebola, avant??


jeudi 17 juin 2010


En attendant la réponse de l'ambassade qui changera le courant de ma vie, oui tu peux rester ici et devenir américaine et rouler en vélo dans les rues de Brooklyn, ou non t'as 30 jours pour dégager sinon on te course à coup de Taser dans les rues de Brooklyn sur ce même vélo, me voilà donc sortie d'affaire avec cet appart dans les rues bruyantes et très busy de la City.

C'est à Greenpoint que j'ai atterri, entre un bar à 1,50 la bière et deux parcs pleins de gens tout nus qui bronzent, ou qui montrent leur fesse, juste.

Avec des gens très stylés, sur des vélos (d'où la référence plus haut).

Et bien sûr, à Greenpoint, il fait toujours beau, et y'a même des oiseaux (ou "Y'a dais oisow", comme diraient les Américains).

Un peu plus à gauche, et c'est la vue sur Manhattan (c'est comme ça que je préfère Manhattan moi, de loin, avec son skyline), un peu plus en bas c'est Williamsburg.

Et right in the middle, c'est moi, sur mon laptop au clavier Français, en train de me chercher un vélo d'occaz sur Internet.

Enjoy :)

mercredi 2 juin 2010


Ou comment changer d'avis comme de slop (une phrase commençant par "ou" réclamerait une autre phrase précédemment, je suppose, mais je suppose aussi que ce n'est pas bien important).

De toutes façons tout ici est fait de contradictions. Pourquoi pas moi?

Je ne vous apprends rien. Si à New-York on peut, quand on monte sur un toit, passer d'un sentiment d'infiniment petit à un sentiment d'avoir le monde pour soi dans le creux de sa main, alors moi, je peux bien changer d'avis comme de slop (histoire de faire écho à la première phrase de cet article, et lui donner un peu de structure... c'est que je veux devenir écrivaine, moi).

Donc, dans ce chaos de décisions contradictoires, je pars à Londres, je ne pars plus, je change mon billet de Paris pour Londres, puis je le change encore, puis je l'annule enfin, j'attends l'OPT, j'organise des vacances, et puis non.

Car on est tous dans le même bateau, ici. L'impression de flotter, en electron libre, sans la possibilité de s'agripper à une seule idée stable, histoire de se faire tirer par elle et d'aller quelque-part.

Parce que oui, à réaction mouvante, situation mouvante. New-York t'aime, te déteste, te jette et te reprend, comme une femme capricieuse bien trop au courant de sa beauté. L'OPT c'est facile, et puis non, mais oui je vous engage, mais on a pas de budget alors on verra plus tard, posez votre sac par terre et vos mains sur la tête mademoiselle, non en fait c'est bon vous pouvez partir.


Et après, c'est moi qui suis bordélique?

Rangeons New-York.

Ca lui fera du bien, un petit déblayage de la frange. Histoire qu'on voit enfin ses yeux et qu'on sache où elle veut en venir!