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jeudi 17 juin 2010


En attendant la réponse de l'ambassade qui changera le courant de ma vie, oui tu peux rester ici et devenir américaine et rouler en vélo dans les rues de Brooklyn, ou non t'as 30 jours pour dégager sinon on te course à coup de Taser dans les rues de Brooklyn sur ce même vélo, me voilà donc sortie d'affaire avec cet appart dans les rues bruyantes et très busy de la City.

C'est à Greenpoint que j'ai atterri, entre un bar à 1,50 la bière et deux parcs pleins de gens tout nus qui bronzent, ou qui montrent leur fesse, juste.

Avec des gens très stylés, sur des vélos (d'où la référence plus haut).

Et bien sûr, à Greenpoint, il fait toujours beau, et y'a même des oiseaux (ou "Y'a dais oisow", comme diraient les Américains).

Un peu plus à gauche, et c'est la vue sur Manhattan (c'est comme ça que je préfère Manhattan moi, de loin, avec son skyline), un peu plus en bas c'est Williamsburg.

Et right in the middle, c'est moi, sur mon laptop au clavier Français, en train de me chercher un vélo d'occaz sur Internet.

Enjoy :)

mercredi 2 juin 2010


Ou comment changer d'avis comme de slop (une phrase commençant par "ou" réclamerait une autre phrase précédemment, je suppose, mais je suppose aussi que ce n'est pas bien important).

De toutes façons tout ici est fait de contradictions. Pourquoi pas moi?

Je ne vous apprends rien. Si à New-York on peut, quand on monte sur un toit, passer d'un sentiment d'infiniment petit à un sentiment d'avoir le monde pour soi dans le creux de sa main, alors moi, je peux bien changer d'avis comme de slop (histoire de faire écho à la première phrase de cet article, et lui donner un peu de structure... c'est que je veux devenir écrivaine, moi).

Donc, dans ce chaos de décisions contradictoires, je pars à Londres, je ne pars plus, je change mon billet de Paris pour Londres, puis je le change encore, puis je l'annule enfin, j'attends l'OPT, j'organise des vacances, et puis non.

Car on est tous dans le même bateau, ici. L'impression de flotter, en electron libre, sans la possibilité de s'agripper à une seule idée stable, histoire de se faire tirer par elle et d'aller quelque-part.

Parce que oui, à réaction mouvante, situation mouvante. New-York t'aime, te déteste, te jette et te reprend, comme une femme capricieuse bien trop au courant de sa beauté. L'OPT c'est facile, et puis non, mais oui je vous engage, mais on a pas de budget alors on verra plus tard, posez votre sac par terre et vos mains sur la tête mademoiselle, non en fait c'est bon vous pouvez partir.


Et après, c'est moi qui suis bordélique?

Rangeons New-York.

Ca lui fera du bien, un petit déblayage de la frange. Histoire qu'on voit enfin ses yeux et qu'on sache où elle veut en venir!

mardi 18 mai 2010


Je viens de m'acheter la robe la plus atroce et la plus chère de toute ma jeune vie.
Un habit de lumière en satin bleu, avec chapeau plat et écharpe aux couleurs d'été.

Car le jour où je fête mes 24 ans, je fête aussi la fin de 24 ans d'études.

Avec un bel avenir prometteur devant moi, tout un tas d'opportunités de carrière, et de l'espoir à n'en plus savoir quoi faire.

Avec toute une autre flopée de gens aux robes bleues et chapeaux plats, je vais monter sur l'estrade, recevoir mon diplôme non-officiel (qui peut se vanter de recevoir un "If you pass your exams, congratulations. But only if you pass your exams. Only. OK?").

Avec de la chance, mon pote Egyptien-mais-en-fait-Indien prendra son courage à deux mains et hurlera Happy Birthday et ainsi, devant toute les gens de la promo (qui sont aussi mes amis), je fêterai un double changement radical dans ma vie.

Car Dimanche scellera mon entrée dans ma 25ème année, et aussi 5 ans de dur labeur à l'université.

Sortez le champagne!

Histoire de mourir ivre.

Et oui.

Car bizarrement, Dimanche pour moi, symbolisera mon quart de siècle et mon entrée au chômage.

Tchin!

dimanche 2 mai 2010


"What is Tunisia?"

Vous ne l'entendrez pas tous les jours, celle-là.

Et pourtant, dans ce beau pays du possible et de l'espoir, se cachent des gens décérébrés. A Long Island peut-être, ou même dans le Midtown East, allez savoir...

La question me harasse quand-même, comment des gens dans un pays où la diversité est la plus grande force ne connaissent rien d'autre que les quatre routes et avenues qui entourent leur immeuble, et éventuellement les quatre qui encerclent aussi le bloc où ils bossent?

Il faut que je vous le dise, les américains pure souche n'ont pas inventé le beurre qui coupe (aha).

Je viens d'avoir une conversation avec un jeune papa de 20 ans habitant à Red Hook, qui m'annonce fièrement qu'il ne boit pas, ne fume pas, en d'autres mots Straight Edge. Sans oublier que ladite personne accepte volontiers les double sacs plastique quand il va acheter son Coca à Wallgreen, et bave sur les Range Rover, Pick Up, et autres monstres d'essence qui circulent sur les routes anglophones.

Chacun son cheval de bataille, en tous cas je me suis dit, allez, c'est leur culture. Après tout, ce n'est pas de leur faute si leur maman ne leur a jamais dit de ne pas polluer car s'il y a un courant d'air ils vont rester coincés comme ça (souvenir traumatique de mon enfance: je n'ai plus jamais louché de ma vie. Allez, avouez, vous l'avez entendu aussi, celle-là).

Je n'ai quand-même pas pu m'empêcher de lui demander s'il connaissait la Tunisie. Juste comme ça, pour voir.


...


Il m'a répondu "I'm not familiar with the concept".


lundi 26 avril 2010



Je pars, je m'en vais, je me taille, je trace, je fous le camps, je quitte le navire, je mets les voiles, je file, je me défile, je m'arrache, je démissionne, je prends la route, je lève l'ancre, je décolle, je m'absente, je m'enfuis, je m'éloigne, je me retire, je me sauve, je déguerpis, je décampe, je m'eclipse, je m'esquive, j'appareille, je bats en retraite, je bouge, je débarrasse le plancher, je détale, je dégage, je décampe, je me casse, je lève le siège, je tire ma révérence, je me débine, je me carapate.


Pour les Rolling Stones, Shakespeare, Led Zeppelin, le
s Beatles, The Tower Bridge, l'Europe, la Guinness, le punk, le ska, Trainspotting, le Pont de la Rivière Kwai, Women in Love, Jane Austen, James Barrie, Peter Pan, Wendy, Othello, Macbeth, the English Patient, James Bond Contre Dr No, Un Poisson Nommé Wanda, The Full Monty, les Chariots de Feu, les Monty Pythons, Black Book, Lawrence d'Arabie, Guy Ritchie, mon enfance, la crème anglaise, Channel 4, Henry 8.


ET UNE SECURITE SOCIALE.


Enfin, pour couronner le tout et sceller le changement, j'ai aujourd'hui changé mon lit de place.

Des fois il faut un petit truc pour annoncer le big bang.


mercredi 7 avril 2010



J'suis trop cool, j'suis trop hype, et je dépense 150 dollars par week-end.


Sinon, y'a aussi des lofts sur Kent Avenue ou Flushing, avec des peluches sur les murs, des ânes sur les canapés, des guitares Hendrixiennes, et des basses Pink Floydiennes. Pour 5 dollars.


Chacun son New York, non?
Je ne juge pas.
Même si le miens casse la baraque. (et toc)

jeudi 1 avril 2010


J'aurais dû faire ce Master de littérature Elisabéthaine, ça m'aurait rendue moins stupide.

Continuer à analyser Macbeth et Othello, ces deux gros cons qui, malgré leur penchant pour le vice et la facilité (bouh!!!!), donnaient de l'importance aux signes.

C'est que les immeubles sont tellement hauts à NY, qu'on ne voit/regarde jamais le ciel.
On ne se pose donc jamais, la tête en l'air, les yeux fermés, dans Central Park à 30 degrés au soleil (trop dure la vie) à juste suivre les signes qui en tombent.

Parce ce que n'importe quel idiot aurait compris que, après avoir vu son mec se faire déporter, et se faire renvoyer de ses deux boulots en moins de deux semaines pour des raisons pas très catholiques, le ciel m'envoyait juste un gros panneau "GET THE FUCK OUT", avec des lumières qui clignotent et tout et tout (et la musique du Parrain derrière). (Non, celle de Scarface, en fait).

Alors comme j'ai un toit terrasse dont je suis fière de parler dans mon blog (pas folle, la guêpe), je me suis posée, et j'ai réfléchi.

Pas trop longtemps.

Non pas car je suis stupide (voir première ligne, NDLR).

Mais car la réponse est évidente.



Après tout, c'est quand-même le pays de Shakespeare.